La libération de Fresnes

Cette page reprend les éléments présent sur le pupitre intitulé "La Libération de Fresnes" tout en y apportant des informations, photos et documents supplémentaires.

Emplacement Pupitre 1

Emplacement
Le pupitre "La Libération de Fresnes" se trouve près du Monument de la Libération, après le 54 avenue de la République, et aux abords du Carrefour de la Déportation.

Contexte

La 2e division blindée, unité française libre commandée par le général Leclerc, débarque à Utah Beach le 1er août 1944. Rattachée à la 3e armée américaine du général Patton, elle est immédiatement mise à contribution et commence les combats dans le sud du Cotentin, puis vers Le Mans et Alençon, qu'elle libère le 12 août. Aux alentours du 21 août, la division participe à la clôture de la poche de Falaise, combats qui sonnent la fin de la bataille de Normandie.

Stationné à Argentan avec ses hommes, Leclerc souhaite rejoindre rapidement Paris où une insurrection populaire gronde depuis le 20 août. Cependant l'état-major américain d'Eisenhower ne prévoit pas de libérer la capitale car les combats de rue pourraient ralentir leur course vers Berlin. Finalement, le général De Gaulle parvient à les convaincre qu'il faut venir en aide à l'insurrection et que Paris doit être libérée par des Français.

Le 22 août 1944, la 2e DB fait donc mouvement vers Paris. Les différents groupes de la division avancent rapidement mais évitent l’Ouest parisien, fortement défendu. Ce sera donc le sud de la capitale. Le lendemain, 23 août, Arpajon, Clamart et Longjumeau sont libérées. Le jeudi 24 août, les différents éléments (sous-groupements) de la colonne reprennent la route et suivent l’axe de la Nationale 20.

Combats de Fresnes et de la prison

Plus de 75 ans après les événements survenus le 24 août 1944, il est difficile de retracer fidèlement le déroulé chronologique des combats et les actions des différentes unités. Notre présentation, écrite en 2019, n’est donc pas exempte d’erreurs, malgré nos recherches intensives et le croisement de sources.

À Antony, un canon allemand de 88 mm, installé à la Croix-de-Berny, tire sur les chars et véhicules du sous-groupement Putz qui tentent de poursuivre leur route. Tandis qu’ils essaient de faire sauter ce verrou, les unités du colonel Warabiot (501e régiment de chars de combat) se scindent pour aller attaquer la prison de Fresnes, fortement défendue et également dotée d’un canon de 88mm.

Entree Prison-19440824

D’autres unités de la 2e division blindée, passées par Rungis, sont déjà présentes sur Fresnes. D’après le témoignage de Melle Devray, un combat éclate au stade municipal (aujourd’hui Gaston Roussel) où des soldats allemands sont fait prisonniers.

L’attaque de la prison de Fresnes se fera depuis trois directions : est, sud et ouest (voir le plan).

Trois chars, le Hartmannswillerkopf, le Grand-Courroné et le Notre-Dame-de-Lorette, descendent l’avenue de Versailles (RN 186) en longeant la prison, à couvert des arbres et à basse vitesse.

Deux autres chars, le La Marne et l’Uskub rejoignent le centre de ville de Fresnes et passent devant l’hôtel de ville. Là, une fusillade éclate entre l’infanterie française libre et des allemands retranchés derrière des glacières (actuel terrain de la paroisse Notre-Dame-de-la-Merci). Cette rencontre fera trois morts chez l’occupant et un fantassin de la 2e DB, blessé mourra à l’hôpital de Longjumeau.

Les deux chars continuent leur avancée et empruntent l’avenue de la République en direction de la prison, guidé par un habitant. Le char La Marne, arrivé au numéro 53 de l’avenue, remarque enfin le canon ennemi posté devant l’entrée de la Prison. Ce dernier plus rapide, touche le char qui explose. Pierre Sarre (conducteur), Jacques Herry (chef de char) et Christian Dorff (radio) sont grièvement blessés et brûlés. Georges Landrieux et Geoffroy de la Roche sont tués sur le coup. L’explosion du char enflamme les alentour.
(voir carte 1).

Fresnois Dvt Char

Simultanément, un lance-roquette ennemi, posté devant la prison, prend pour cible le Grand Couronné qui, pour se prémunir d’autre tirs, tourne sur sa droite et se range entre deux arbres le long du mur d’enceinte de la prison.

L’adjudant Christen, chef de section, est témoin de la destruction du La Marne. Il ordonne alors au Hartmannswillerkopf d’effectuer un tir au travers d’une petite baraque en brique lui cachant la vue du terrible canon de 88mm. Le tir, réussi, touche un dépôt de munitions qui explose, tuant les servants ennemis. (voir carte 2)
Le Notre-Dame-de-Lorette, resté quelques mètres en arrière, profite de l’occasion et s’élance plein gaz. Tournant à droite, il défonce le mur d’enceinte de la prison, oblique ensuite à gauche pour se retrouver dans l’allée principale. Apercevant le canon de 88, le Notre-Dame-de-Lorette recule et le repousse alors sur l’avenue de Versailles.  Continuant sa course folle dans la prison, le char et son équipage anéantissent véhicules et soldats ennemis mais emportés par leur élan, ils finissent dans la Bièvre. (voir carte 3)

Carte v2

L’entrée de la prison désormais dégagée, chars et fantassins de la 2e division blindée se ruent à l’intérieur et se rendent maîtres des lieux, libérant les résistants emprisonnés. En effet, dès septembre 1940, la prison de Fresnes fut réquisitionnée par l’occupant qui y enferma de nombreux résistants avant leur exécution ou leur déportation vers les camps. Le dernier fusillé semble avoir été exécuté le 23 août 1944, veille de la Libération de Fresnes.

Entree Prison-Puppchen

Entre-temps, cachés dans le château d’eau de la prison, des allemands tirent et harcèlent des unités d’infanterie de la 2e division blindée. Ripostant, ceux-ci font mouche et un des réservoirs explose.

Il est maintenant plus de 21h, Fresnes et la prison sont libérées. Mais il est trop tard pour continuer sur Paris, alors qu’un autre verrou ralentit la division à Bourg-la-Reine. Le général Leclerc, depuis son quartier général d’Antony, interpelle le capitaine Dronne et lui ordonne de foncer sur Paris, avec quelques troupes, pour rassurer habitants et résistants. Le lendemain, la division libérera la capitale.

D’après les registres d’état-civil, documents et témoignages, les combats de Fresnes et de la prison font une douzaine de morts dans les rangs de la division et des résistants locaux. Quant aux troupes allemandes, elles perdent dix hommes.

Morts

BAHLOULI Habib – Compagnie d’état-major du 501e RCC
DOUX Gaston – 11e compagnie du 3e RMT
DUPONT Emmanuel - 11e compagnie du 3e RMT
FASSY Amar – 501e RCC
LAMOTTE Roger11e compagnie du 3e RMT
DUBOULOZ Raymond – 3e compagnie du 13e régiment du génie
LANDRIEUX Georges – 501e RCC
LEVAILLANT Jean – 501e RCC
MESMIN Daniel - 11e compagnie du 3e RMT
MOLINA Salvador - 11e compagnie du 3e RMT
MAMO François - 11e compagnie du 3e RMT
MEUNIER Fernand - 11e compagnie du 3e RMT

Nous ne possédons aucune information officielle, tel que des actes de décès, nous permettant de confirmer les décès de résistants Fresnois ou locaux.

Enseigne de vaisseau ALTPETER Claus Ferdinand
Soldat allemand non identifié – matricule n° 91-21E-33
Sergent BELITZ Eugen Karl
Soldat allemand non identifié – matricule n° A884/4 Inf Ers Bel 36
Soldat allemand non identifié – matricule Todt 454 456
Sergent BACHERT
Caporal-chef GRIMM
Caporal-chef ENGEL
Grenadier NELLES
Caporal VEIT

Unités combattantes

3e section de la 3e compagnie du 501e régiment de chars de combat
3e section de la 11e compagnie du 3e régiment de marche du Tchad
3e section de la 3e compagnie du 13e régiment de génie
1e section de la 3e compagnie du 1er régiment de marche de Spahis marocains

En savoir plus sur les unités combattantes

Autres clichés

Fresnoises Dvt Char

Long Mur Prison

 Notre Damede Lorette-Bievre

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Sources

Projet de parcours de la mémoire sur la ville de Fresnes réalisé en 2019 sous la coordination de Josselin AUBRY, adjoint au maire en charge du Devoir de mémoire.

Recherches historiques, iconographiques et rédaction
Etienne BOIN et Dominique COUDERC. Merci à Gilles PRIMOUT, Laurent FOURNIER ainsi qu’à la Maison de la 2e DB.

Administration et coordination
Clélia CORTESI

Sources
- La 2e DB dans la Libération de Paris et de sa région, Tome 1, de Laurent FOURNIER et Alain EYMARD, Histoires & Collections, 2009, 207 pages.
- http://liberation-de-paris.gilles-primout.fr/, site Internet de Gilles Primout.
- Fresnes dans la tourmente 1939-1944, Françoise Wasserman, Juliette Spire et Henri Israël, éditions de l’Écomusée de Fresnes, 1955, 135 pages.
- Archives municipales et service des affaires générales de Fresnes
- Service de l’État-civil de Longjumeau
- Mémoire des Hommes, site Internet du service historique de la Défense, Secrétariat général pour l’administration